Les paramédicaux ont publié une tribune pour dire tout leur mécontentement contre la réécriture de la loi Rist, inspirée par les syndicats de médecins.
Dans une tribune publiée par le quotidien Le Monde, huit syndicats de paramédicaux crient leur colère après la réécriture de la proposition de loi Rist, visant à restreindre l'accès direct aux paramédicaux. Les signataires* regrettent que l'accès direct à ces paramédicaux soient restreints aux structures d'exercice coordonné (maisons de santé, centres de santé, équipes de soins primaires et spécialisées), "peu nombreuses". "Cela rendra les parcours de soins illisibles pour les patients et créera une rupture d’égalité pour les usagers. Les patients ne verront aucune amélioration. De la même manière, le statut d’infirmier référent a disparu avec le retrait de la proposition de loi Valletoux. Disons-le, le gouvernement comme les parlementaires reculent", se désolent les signataires. La fédération nationale infirmière, dans une tribune publiée sur son site, cible plus précisément le corporatisme des médecins, coupables d'avoir fait capoter la loi Rist, selon la FNI : "ce qui choque encore, ce sont les arguments employés par les médecins pour convaincre les députés et sénateurs de bloquer les partages et transferts d’actes comme pour empêcher l’accès direct et la prescription des IPA, suggérant la mise en danger de mort des patients."
Les médecins, enfants gâtés
Les médecins sont qualifiés d'"enfants gâtés" du système de santé, qui agacent paramédicaux et patients : "Même les patients s’agacent des caprices à répétition des enfants (trop) gâtés du système de santé. Car les chiffres ont la tête dure. Nous ne sommes qu’au tout début de l’explosion des besoins de soins liés au vieillissement de la population. Selon les projections de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), les personnes âgées de plus de 75 ans représentent 6,8 millions de personnes en 2023, et avant la fin de la décennie actuelle, un tiers de la population française sera âgée de plus de 60 ans. Si rien ne change, alors le système de santé sera submergé." La FNI rappelle aussi qu'actuellement, "plus de 6 millions de patients sont sans médecin traitant dont 600 000 patients en ALD". Le statu quo n'est donc plus tenable.
